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Persécutions anti-juives en Belgique
La caserne Dossin à Malines
Les hôtes de la Gestapo étaient envoyés au camp de Malines, à la caserne Dossin. Il ne s’agissait ni d’un camp
de représailles, comme l’était celui de Breendonk, ni d’un camp d’extermination comme l’était celui d’Auschwitz.
C’était un camp destiné à rassembler tous les Juifs appréhendés par la Gestapo, sur tout le territoire belge. Camp de rassemblement, mais aussi camp de triage, centre de dépouillement.
A leur arrivée à la caserne Dossin, les personnes débarquées des camions de la Gestapo étaient groupées en catégories selon qu’elles étaient Transportjuden - c’est-à-dire destinées à être déportées au premier convoi - Z. Juden - échappant généralement à la déportation en tant que ressortissants des pays alliés de l’Allemagne ou des pays neutres – Entscheidungsfälle - cas douteux (non Juifs, sang-mêlé, mariages mixes, ressortissants de pays belligérants), lesquels étaient relâchés après enquête et envoyés à Vittel - et, enfin, G. Juden - Juifs politiquement dangereux voués aux prisons ou aux camps de représailles. C’était aussi à leur arrivée qu’étaient choisis ceux d’entre les internés qui seraient affectés au service intérieur du camp, ce qui leur donnerait une chance d’échapper à la déportation, au moins pour un certain temps.
Après le triage s’effectuait la fouille. Elle consistait à dépouiller les arrivants des derniers objets qu’ils avaient pu emporter à l’insu des agents de la Gestapo lors de leur arrestation. Cette fouille était d’une rigueur extrême et ceux qui en étaient chargés ne se privaient pas d’humilier les prisonniers.
Ces deux opérations effectuées, les arrivants étaient dirigés, selon la catégorie à laquelle ils appartenaient, vers les différentes salles de la caserne.
Dans ces salles, les internés étaient entassés pêle-mêle, sans distinction d’âge ni de sexe. Une promiscuité totale y régnait, créant une atmosphère morale répugnante. Le surpeuplement de ces lieux, dans lesquels les genscroupissaient sur des paillasses pouilleuses, favorisait le développement de foyers d’infection, dont la résorption était insuffisamment assurée par un service médical médiocre et indifférent. Une nourriture chiche et le plus souvent infecte, les brimades et les brutalités infligées sous le moindre prétexte, achevaient de faire du camp de Malines une étape préparatoire à l’atmosphère des camps d’extermination.
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