La Maison des Justes parmi les Nations de Charleroi : honorer et perpétuer la mémoire des Justes
Au 1er janvier 2006, 1.414 citoyens belges avaient été reconnus comme Justes par Yad Vashem à Jérusalem. Maurice Konopnicki, président de la Communauté israélite de Charleroi et directeur du Musée des Justes de Charleroi doit sa vie à la générosité et au courage d’une famille de Justes belges, qui n’ont pas hésité à cacher l’enfant qu’il était, à l’époque, et le protéger de la folie destructrice qui s’était emparée des hommes et qui a fait six millions de victimes juives. Comme lui, de nombreux Juifs furent sauvés grâce à l’action des Justes dans la région de Charleroi et de Wallonie.
Dans la nuit du nazisme, des hommes et des femmes, de toutes conditions et de toutes religions, n’ont pas cédé à la tentation du mal et à l’attrait de son omniprésence. Bien au contraire, ils ont répondu à l’appel de la fraternité, de la solidarité et de la justice. N’écoutant que leur cœur et leur conscience d’homme, au péril de leur propre vie, ils furent nombreux à refuser de participer à la tragédie implacable qui frappa le peuple juif. Ces hommes et ces femmes ont pris des risques pour accomplir le précepte « Aime ton prochain comme toi-même. » Ils ont sauvé, ainsi, non seulement la vie des Juifs, mais aussi la dignité humaine et l’honneur de leurs compatriotes. Leurs actes sont l’incarnation du précepte talmudique : « Celui qui sauve une vie sauve l’humanité toute entière. » Des sauveurs tels que le père Bruno Reynders, Yvonne Nèvejean, l’abbé Marcel Stenne, Raoul Wallenberg, Oskar Schindler, Sempo Sugihara, Varian Fry, Joop Westerweel, Irena Sendler, le pasteur André Trocmé et son neveu Daniel Trocmé, et bien d’autres, reconnus ou anonymes, sont devenus le symbole d’une époque et d’un comportement humain. Ils ont prouvé que, malgré un climat d’indifférence et de haine, et dans les pires situations, les réactions sont toujours possibles et la lumière de l’humanité ne s’éteint jamais complètement.
Ces gens furent des Justes. Ils symbolisent l’humain, l’essence même du libre arbitre de l’homme, choisissant le bien face à l’injustice et à la passivité. Confrontés à la violence, aux dénonciations, à la collaboration, aux massacres, aux déportations, l’homme avait une autre option, et les Justes l’ont prouvé de façon exemplaire.
La Maison des Justes de Charleroi s’est donné comme but d’honorer les actes et préserver la mémoire de ces hommes et femmes qui ont navigué à contre-courant dans la nuit de la Seconde Guerre mondiale. Depuis sa création, elle a mis sur pied de nombreuses activités (expositions, colloques, conférences, visites des élèves) pour, d’une part, faire connaître au grand public, et surtout aux nouvelles générations, les actions héroïques des Justes et, d’autre part, témoigner de la reconnaissance de la société envers les Justes et transmettre un message d’espoir et de confiance dans l’avenir.
Prof. M. Konopnicki
Directeur du Musée des Justes de Charleroi
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