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JUSTES PARMI LES NATIONS D’ITALIE

 

Au 1er janvier 2007, 417 citoyens italiens avaient été reconnus comme Justes parmi les Nations.

GIORGIO PERLASCA (1910-1992)

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Giorgio Perlasca, un commerçant italien qui travaillait pour le consulat espagnol en Hongrie, sauva la vie des milliers de Juifs. Durant sa jeunesse, il éprouve des sympathies fascistes et s’engage dans la guerre d’Espagne. Mais, déçu par le fascisme, par l’alliance de son pays avec l’Allemagne nazie et par les lois antisémites, Perlasca œuvra, durant la Seconde Guerre mondiale, en faveur des Juifs. Lorsque les nazis occupèrent la Hongrie, en 1944, Perlasca se réfugia à l’Ambassade d’Espagne de Budapest, devenant, en tant que vétéran de la guerre d’Espagne, citoyen espagnol, sous le nom de Jorge Perlasca. Il travailla avec l’ambassadeur espagnol, Angel Sanz-Briz, et d’autres diplomates des pays neutres, en essayant de faire sortir du pays le plus grand nombre possible de Juifs. Durant tout l’hiver 1944, Perlasca protégea, cacha et nourrit des milliers de Juifs de Budapest, tout en leur procurant des papiers d’identité espagnols.

 

Extraits de l’entretien de Marek Halter (La Force du Bien) avec Giorgio Perlasca en 1992 :

« D’un côté donc : Eichmann, dont la raison d’être paraît se confondre avec cette obsession d’anéantir les Juifs et qui s’évertue à organiser, en dépit de l’imminence de l’Armée rouge, la déportation d’un maximum de malheureux qu’il fait envoyer dans les chambres à gaz. De l’autre : le groupe dit "des Cinq". Ce groupe des Cinq représente, à Budapest, des pays neutres (la Suède, la Suisse, l’Espagne, le Portugal et le Vatican) qui tentent d’arracher le plus possible de victimes des mains des commandos nazis de et de leur chef, ce lugubre greffier de la mort qu’est Eichmann. En juillet 1944, pour renforcer la capacité d’action du groupe des Cinq, le roi Gustave V de Suède dépêche à Budapest un envoyé spécial : Raoul Wallenberg.

  • Connaissiez-vous Raoul Wallenberg ?
  • Oui. Il travaillait à sauver le Ghetto. Je l’ai rencontré à la gare de marchandises de Budapest, où j’avais moi-même rendez-vous avec un très important colonel SS que je ne connaissais pas. De loin, j’ai aperçu l’officier allemand, et j’ai alors demandé à Wallenberg, qui se trouvait avec moi : "Qui est cet officier ? " Et Wallenberg m’a répondu : "C’est Eichmann…"
  • Et cela se passait à la gare ?
  • Oui, à la gare où l’on chargeait le bétail… et les Juifs. Tous les jours, les représentants du groupe des Cinq s’y retrouvaient pour essayer d’arracher au fanatisme d’Eichmann quelques enfants juifs. J’y allais aussi. Mais mon travail principal se situait à la légation d’Espagne. Le peu de personnel qui s’y trouvait encore n’avait qu’un seul désir : rentrer au plus vite au pays. En l’absence de tout responsable, et sur ma notoriété d’homme d’affaires influent, on m’a laissé faire tout ce que je voulais. Alors, chaque jour, j’ai délivré des cartes de réfugié, et j’ai cherché des abris pour cacher un maximum de Juifs dans les différents immeubles de Budapest qui appartenaient à l’Espagne. J’ai même loué des maisons sur lesquelles je hissais le drapeau espagnol pour en faire des "bâtiments diplomatiques", en principe inviolables par les Allemands comme par leurs alliés nazis hongrois. »
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Après la guerre, Perlasca rentra en Italie et ne révéla ses actions à personne, y compris à sa famille, jusqu’en 1980, lorsqu’il fut contacté par un groupe de Juifs hongrois. Pour avoir sauvé près de 5.200 Juifs de la déportation, Yad Vashem lui décerna, en 1989, le titre de Juste parmi les Nations.
Perlasca lors de la cérémonie à Yad Vashem  

 

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Perlasca avec le président israélien Herzog Giorgio Perlasca à la Synagogue de Padoue

 

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Giorgio Perlasca lors de la pose de la première pierre
d’une des ailes du Musée de l’Holocauste à Washington
 

 

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