Dossier de presse concernant la remise du titre de Juste parmi les Nations à la famille Peteux,
qui a caché et sauvé la famille de Maurice Konopnicki
« L’œuvre des Justes ne disparaîtra pas »
« J’ai été condamné à mort, comme toute ma famille, comme tout le peuple juif se trouvant sous la botte nazie. Mon frère Victor avait 14 ans lorsque les nazis l’ont enlevé. Il a disparu à Auschwitz comme beaucoup d’autres membres de la communauté juive de Charleroi. Mais…un grain de sable, infime, dur et ferme, a quelque peu enrayé la machine infernale conçue par les nazis… »
Pour Maurice Konopnicki, qui prononçait ces paroles jeudi dernier à l’Hôtel de Ville de Charleroi, ainsi que pour sa sœur Ida et ses parents, le « grain de sable » fut la solidarité de gens « modestes, généreux, courageux » : Lambertine et Alfred Peteux et leur fils Joseph.
A titre posthume, en présence de leur petite-fille Monique Marlaire-Peteux et du bourgmestre Van Gompel, ceux-ci ont reçu la médaille et le diplôme des Justes parmi les Nations, décernés par l’Institut Yad Vashem de Jérusalem afin d’honorer les non-Juifs qui, pendant les années noires, sauvèrent des israélites de la déportation en les cachant.
De Malines à Paris
« C’est grâce à l’action des Justes qu’un tiers de la population juive de Belgique a pu être sauvé », a rappelé à cette occasion l’ambassadeur d’Israël Harry Kney-Tal. Et d’ajouter que leur œuvre « ne disparaîtra pas. Leurs bienfaits seront enseignés, inscrits dans les mémoires et ancrés dans la terre d’Israël. »
Le 10 septembre dernier, c’est au Centre culturel de Malines qu’un hommage identique était rendu, cette fois à trente-cinq Belges dont onze en vie actuellement.
Ainsi est porté à quelque 900 le nombre de personnes qui, dans notre pays, ont vu leurs mérites reconnus. Elles ne constituent, bien sûr, qu’un échantillon du total.
En France, la médaille a été accordée à environ 1.700 hommes et femmes. Les derniers en date – trente-trois dont vingt-six à titre posthume – ont été récompensés ce dimanche à Paris, des mains de l’ambassadeur Avi Pazner. Et le 2 novembre prochain, à Thonon-les-Bains, le Consistoire central israélite rendra hommage à tous les Justes.
De chez nous ou d’ailleurs, souligne Maurice Konopnicki, en citant Primo Levi, ce sont eux qui nous rappellent qu’il existait « des choses et des êtres encore purs et intègres, que ni la barbarie ni la corruption n’avaient contaminés ».
P.V.