- LA NOUVELLE GAZETTE, 28.01.1995 – « Lucien Dubois, Juste parmi les Nations »
- LA DERNIERE HEURE, 28-29.01.1995 – « Charleroi – Hommage aux victimes »
- LA DERNIERE HEURE, 28.10.1999 – « Hommage aux Justes carolos »
- LE RAPPEL, 28.10.1999 – « Trois couples carolos honorés du titre de Juste parmi les Nations »
- LE SOIR, 29.10.1999 – « Charleroi – Trois couples admis au titre de Justes parmi les Nations »
- SUD PRESSE, 24.11.1999 – « Pont-à-Celles – Marie, Juste parmi les Nations »
- LE RAPPEL, 22.02.2000 – « Charleroi – Deux Justes parmi les Nations honorés »
- LA NOUVELLE GAZETTE, 07.03.2000 – « Charleroi – Les Justes des Nations honorés par les jeunes »
- Dossier de presse concernant la remise du titre de Juste parmi les Nations à Renée Bouffioux et Albert Halloy (1996)
Dossier de presse concernant la remise du titre de Juste parmi les Nations à Renée Bouffioux et Albert Halloy (1996)
Monsieur le Président,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Les livres sur le sujet sont légions, les films, historiques ou non, ne se comptent plus. Les témoignages remplissent les bibliothèques. Pourtant, quelque soit l’évocation de ces moments maudits de notre histoire, nous ne pouvons résister à un sentiment de peur, de souffrance, et de honte aussi, à penser que des membres de la communauté humaine aient pu ainsi systématiquement, industriellement (et le mot attaché à la chose sonne horriblement) détruire d’autres humains. Des bibliothèques, c’est vrai. Derrière chaque souffrance, elles ont permis de lire l’héroïsme, derrière chaque lâcheté, la solidarité, derrière chaque torture, une résistance et une volonté, derrière chaque solitude, une amitié.
Les pierres que déposent sur les tombes ceux qui veulent se souvenir et rendre hommage sont l’expression de la durée et de la force, de l’héritage aussi, intact et multiple, unique et à chaque génération répété.
Aujourd’hui, les témoignages que nous découvrons sont autant de pierres que nous déposons sur un monument dédié à la solidarité, au courage et à a générosité. Je suis particulièrement heureux ce jour d’être associé à la reconnaissance, en tant que « Justes des Nations », de Monsieur Halloy et de Madame Baffioux. Ils nous ont quittés. Monsieur Albert Halloy vient ici au nom de son père, Madame Baffioux n’a plus de descendance connue. Il me revient de la représenter. Je me ferai un devoir de transmettre à ceux qui se souviennent, cet hommage à la fidélité et à la solidarité humaine. Heureux, fier de voir deux de nos concitoyens avoir risqué leur vie pour en protéger d’autres, ému surtout d’être l’héritier et le relais de cette reconnaissance. Dans notre communauté, les vrais actes de bravoure sont des actes discrets. Lorsque la folie et la guerre s’emparent du cœur et de l’esprit des hommes, il reste quelques Justes à reconnaître le droit chemin.
« Quand vous hésitez sur la conduite à tenir, regardez vers les sommets, il n’y a pas de bousculade », disait avec un certain esprit un grand homme politique français. Monsieur Halloy et Madame Bouffioux ont regardé loin au-dessus de leur vie quotidienne et de leur village. Ils ont regardé vers la détresse et la souffrance des autres et ont apporté leur aide à une famille qui, aujourd’hui, a pu à son tour porter sa pierre à la construction de l’humanité.
Merci à vous qui avez décerné le titre de « Justes des Nations » à ces deux personnes. Merci de la reconnaissance et du souvenir. Puisse ce souvenir ne jamais s’éteindre dans le cœur des hommes, autant pour leur rappeler que les pièges sont multiples et que leur générosité peut être infinie.
Faire le pari du bien, c’est faire le choix de l’homme. Faire le pari de l’humanité, c’est, au-delà de la survie, garder la foi en l’esprit et en sa force, se dire que l’harmonie existe là où la vérité et l’homme arrivent à vivre ensemble et l’un pour l’autre. Monsieur et Madame ont fait ce choix : merci à eux, et merci à vous de vous en souvenir.
M. Dargent
Bourgmestre de Aiseau-Presles
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