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Article de journaux sur les justes de charleroi.

 

 

LE RAPPEL, 28.10.1999

Trois couples carolos honorés du titre de « Justes parmi les Nations »

Charleroi – Justes parmi les Nations

Trois familles honorées

Mercredi, trois familles de la région de Charleroi ont reçu la médaille du « Juste parmi les Nations » des mains de l’ambassadeur d’Israël.

Trois familles carolos ont rejoint ce mercredi le cercle des « Justes parmi les Nations ». Une loi émise par le
Parlement israélien en 1953 stipule qu’un Mémorial de l’Holocauste est destiné à entretenir le souvenir de millions de Juifs pendant le conflit en les nommant « Justes parmi les Nations ».

Avant de désigner un « Juste », une enquête approfondie est menée. Des critères de reconnaissance ont été établis. L’aide apportés aux Juifs doit avoir abouti à rendre possible leur survie pendant la guerre. La personne qui aidait devait être consciente des risques qu’elle prenait, mais ne devait être consciente des risques qu’elle prenait, mais ne devait avoir réclamé aucune récompense. L’aide devait être active et devait être reconnue par les personnes secourues elles-mêmes ou par des témoins directs.

 

Trois Carolos décorés

Ce mercredi après-midi, trois couples de la région de Charleroi ont été honorés à titre posthume. L’ambassadeur a rappelé que 1 300 Justes parmi les Nations avaient été nommés en Belgique jusqu’à maintenant.

M. Amor a souligné l’importance de l’action de ces personnes, qui ont permis de sauver un tiers des Juifs de
Belgique pendant le conflit mondial. Bon nombre d’actions de résistance et d’aideaux Juifs ont été menées dans la région de Charleroi à l’époque.

Une première médaille a été remise aux descendants de Camille et Rosa D’Haeyer-Van Espen. Ce couple qui
habitait Gilly a caché une famille juive, les Korenblit, de l’été 1942 à la Libération. Malgré les risques et les dangers encourus, ils n’ont pas hésité à accueillir une deuxième famille chez eux. Après la Libération, les Korenblit ont appris que, pendant la guerre, des réfugiés juifs cachés dans une maison voisine avaient été embarqués par la Gestapo et déportés, ainsi que la personne qui les hébergeait. M. D’Haeyer était au courant de cette action de la Gestapo, mais n’en avait jamais parlé, « pour ne pas les effrayer », dira-t-il bien plus tard. Ce couple a ainsi sauvé neuf personnes de la déportation.

Un deuxième couple a été honoré, toujours à titre posthume. Fernand et Elvire Heuchon-Hublet ont aussi hébergé des Juifs de 1942 à la Libération. Fernand Heuchon a loué, à ses frais, une maisonnette près d’un bois de Marcinelle, où il a caché la famille Luchs, qui habitait jusque là rue de la Régence. Il les aida en les ravitaillant, leur procura des fausses pièces d’identité sous le patronyme de Delforge. Depuis ce jour, les familles sont restées en contact.
Accueillies dans leur fuite

Un troisième couple a été remercié pour sa bravoure : Léon et Yvonne Paternotte-Postiaux, qui tenaient une petite épicerie à Liberchies. En 1942, Sonia Zalcberg et sa maman trouvent refuge à la campagne à Brunehaut suite à la déportation du reste de leur famille. Mais un jour, une lettre anonyme les oblige à quitter les lieux. Mme Zalcberg se souvient de cette lettre : « Lorsque je l’ai reçue, j’ai pris mon enfant dans mes bras et je suis partie à l’aventure, à pied, sans savoir où j’allais. A un moment donné, fatiguées, nous nous sommes assises sur les marches d’un magasin à Liberchies. Nous étions épuisées, nous avions très faim. Une porte s’est ouverte derrière nous, une femme nous a souri et nous a dit d’entrer. Elle nous a donné à manger. » Mme Zalcberg et la petite Sonia, alors âgée de 6 ans, sont restées cachées dans la chambre d’une des enfants de la famille Paternotte. Mme Zalcberg a reçu une nouvelle identité et s’est appelée Dumont.

Sonia Zalcberg s’est souvenue d’une foule d’anecdotes sur le dévouement de ses sauveurs. Un jour qu’elle avait une rage de dents, Yvonne l’a mise sur le porte-bagages de son vélo et l’a emmenée dans le village voisin pour consulter un dentiste. Sous les bombardements.

Tous ces actes héroïques sont mis en exergue par la fondation « Yad Vashem », créée à Jérusalem, qui s’est fixé pour but de leur rendre hommage et d’en faire leçon pour éviter que des atrocités semblables à celles de la Seconde Guerre mondiale ne se reproduisent. Plus de 17 000 personnes ont ainsi déjà été nommées « Justes parmi les Nations ». Parmi elles, des personnes célèbres, comme Oskar Schindler ou la Reine Elisabeth de Belgique.

Trois couples carolos sont venus grossir la liste de ces héros. « Quiconque sauve une vie, sauve l’univers tout entier », c’est la devise gravée sur la médaille des Justes qu’ils ont reçue ce mercredi.

 

Patrick Lemaire

 

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