- LA NOUVELLE GAZETTE, 28.01.1995 – « Lucien Dubois, Juste parmi les Nations »
- LA DERNIERE HEURE, 28-29.01.1995 – « Charleroi – Hommage aux victimes »
- LA DERNIERE HEURE, 28.10.1999 – « Hommage aux Justes carolos »
- LE RAPPEL, 28.10.1999 – « Trois couples carolos honorés du titre de Juste parmi les Nations »
- LE SOIR, 29.10.1999 – « Charleroi – Trois couples admis au titre de Justes parmi les Nations »
- SUD PRESSE, 24.11.1999 – « Pont-à-Celles – Marie, Juste parmi les Nations »
- LE RAPPEL, 22.02.2000 – « Charleroi – Deux Justes parmi les Nations honorés »
- LA NOUVELLE GAZETTE, 07.03.2000 – « Charleroi – Les Justes des Nations honorés par les jeunes »
- Dossier de presse concernant la remise du titre de Juste parmi les Nations à Renée Bouffioux et Albert Halloy (1996)
LE JOURNAL, 2.05.1996
Deux aiseliens au rang de Justes
« Qui sauve une vie, sauve l’univers tout entier » dit le Talmud. Le week-end dernier a eu lieu à la Synagogue de Charleroi, en présence de Monsieur Albert Guigui, Grand Rabbin de Bruxelles, du Ministre Jean-Claude Van Cauwenberghe, du Bourgmestre d’Aiseau-Presles Marcel Dargent, le Président de l’Union des Déportés Juifs de Charleroi, Maurice Konopnicki, Directeur du C.I.D, et d’autres importantes personnalités, une émouvante cérémonie de marques de reconnaissance à Renée Bouffioux et Albert Halloy organisée par la Communauté israélite de Charleroi.
Le temps passe, les témoins directs disparaissent, mais il est des événements tragiques et aussi des événements réconfortants que nous ne devons jamais oublie. C’est pour s’être occupés de quatre personnes juives en détresse durant l’occupation nazie, en mettant leur propre vie en péril, que l’institut Yad Vashem a décidé de conférer le titre de Juste parmi les Nations et de remettre médaille et titre de reconnaissance aux représentants de Renée Baffioux et Albert Halloy qui ont quitté cette terre. Mettre aussi en évidence des actes de non-Juifs est une grande leçon de morale qui prouve qu’il était possible d’agir face à la Solution finale mise en place par les nazis. Ces actes généreux serviront de leçon aux futures générations et seront un exemple de conduite morale même dans des circonstances de profondes tensions. La vie humaine est le plus précieux des biens. Elle est irremplaçable. Nul ne peut violer le droit à la vie. C’est ce droit qu’ont défendu au péril de leur propre vie Madame Renée Bouffioux et Monsieur Albert Halloy.
C’est à la fin du mois d’août 1942, alors que le port de l’étoile était devenu obligatoire et que les rafles battaient leur plein que Mariette Kibel, dix ans, fut confiée par sa maman à Renée Bouffioux. Puis Madame Bouffioux accueillit la maman et la fillette ainsi que Hannah et Léa Konopnicki. Puis Renée Bouffioux mit les Kibel et les Konopnicki en relation avec Albert Halloy qui n’ignorait pas leur identité et leur donna en location une maison où ils séjournèrent jusqu’à la Libération. Les enfants fréquentèrent sous un nom d’emprunt l’école communale d’Aiseau. Renée et Albert se dévouèrent pour se procurer les médicaments nécessaires à Madame Kibel et les cartes de ravitaillement de tous. Grâce à ce dévouement, les Kibel et les Konopnicki se sentirent en sécurité pendant cette terrible occupation nazie.
Ce dimanche, après Min Ha Maamakin, un psaume interprété par Claude Hoenel, Aumonier militaire de l’Eurocorps et Premier Ministre Officiant de la Grande Synagogue de Bruxelles, l’assemblée entendit une allocution de Monsieur Jacques Luchs, Président de la Communauté israélite de Charleroi, puis une allocution de Monsieur Zvi Tal, Conseiller politique à l’Ambassade d’Israël. Les médailles et les témoignages de reconnaissance furent ensuite remis aux représentants des récipiendaires trop tôt disparus et le Bourgmestre de la commune d’Aiseau-Presles remercia les représentants de la Communauté israélite. On entendit une allocution de Monsieur Albert Guigui, Grand Rabbin de Bruxelles, et, après une intense minute de silence, des chants en yiddish par le chantre Claude Hoenel et quelques psaumes par Monsieur Jean-Claude Blum, Ministre officiant de la Communauté israélite de Charleroi. La cérémonie s’acheva par la prière des morts et l’interprétation des hymnes nationaux belge et israélien.
Une très chaleureuse et très cordiale réception suivit cette cérémonie du souvenir et l’hommage à des gens de chez nous qui nous ont donné une leçon : celle que tout un chacun peut résister à des régimes de type nazi. La mort innocente d’une personne frappe l’humanité toute entière. Qui sauve une vie, sauve l’univers tout entier.
J.M.
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