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Messages de Klaus Hänsch, président du Parlement européen, et de Lean-Luc Dehaene, Premier ministre de Belgique, à l’occasion de l’inauguration de l’exposition « Les Justes parmi les Nations ».

 

« Les Justes parmi les Nations »

 

En 1995, nous avons consacré de nombreuses journées à commémorer la plus grande catastrophe de ce siècle,
dans laquelle l’Allemagne nationale-socialiste a précipité l’Europe.

Cela demeure la faute indélébile et marque l’incompréhensible démesure de l’Allemagne nationale-socialiste d’avoir érigé en objectif l’élimination de onze millions de Juifs sur le continent et d’en avoir exterminé plus de la moitié.

En ce moment, les historiens s’apprêtent à lancer une nouvelle querelle sur l’engrenage des responsabilités qui ont mené à la catastrophe, alors que le poison du racisme continue à ronger les peuples d’Europe et essaie même de mettre en place un réseau à ramification mondiale.

Cela nous engage à poursuivre l’organisation de campagnes contre l’oubli et l’indulgence coupable et à encourager
la tolérance.

Dans ce contexte, il est bon de rappeler que dans les heures les plus sombres de l’histoire de l’Allemagne et de l’Europe, des femmes et des hommes de nombreux pays ont, souvent au détriment de leur sécurité personnelle,
aidé des Juifs persécutés à fuir. Des actions de ce genre, exemples d’héroïsme et de civisme, sont documentés dans l’exposition « Les Justes des Nations ».

J’en félicite les organisateurs et je les remercie. Puisse l’exposition inciter les visiteurs, parmi lesquels je souhaite
qu’il y ait de nombreux jeunes, à assumer leurs responsabilités dans la lutte quotidienne contre le racisme et l’intolérance qui nous entourent.

Les droits de l’homme, la démocratie et la tolérance sont des valeurs que l’Europe s’est engagée à défendre. L’exposition « Les Justes des Nations » constitue à la fois un encouragement et une contribution précieuse à ce combat, et je lui souhaite tout le succès qu’elle mérité.  

 

                                                                                                      Dr Klaus HANSCH
                                                                                  Président du Parlement européen

 

 

 

« Les Justes parmi les Nations »

 

Plus de cinquante ans après l’Holocauste, alors que certains osent nier l’existence des chambres à gaz ou minimiser
les dimensions de la tragédie de la Shoah, nous pensons qu’il convient de poursuivre l’œuvre d’éducation des jeunes générations en leur rappelant constamment les dangers de toutes les formes d’extrémisme et de fanatisme risquant d’aboutir à l’éloge d’une race soi-disant supérieure et à la tentation de l’extermination de races jugées inférieures.

Autour de nous, en Europe et en Afrique, de nouvelles tragédies se sont déroulées qui doivent éveiller notre
vigilance. « Plus jamais ça ! », avons-nous dit. « Plus jamais ça ! » doit être notre credo et notre pratique
quotidienne.

Il est de notre devoir, nous tous, dirigeants politiques, parents, éducateurs à tous les niveaux, d’œuvrer pour la tolérance et le respect d’autrui. L’admirable exemple des Justes doit nous inspirer. Partout en Europe, des hommes
et des femmes, gens de modeste condition, fonctionnaires, gens de l’Eglise et même souverains comme notre admirable Reine Elisabeth, se sont opposés à l’infernale machine de mort des nazis.

Nous avons tout lieu d’être fiers des 759 Justes de toutes les parties de Belgique qui figurent dans la liste des Justes reconnus par la Fondation Yad Vashem de Jérusalem. Nous savons que cette liste est incomplète e que d’autres Justes seront encore honorés.

C’est pourquoi nous pensons que cette exposition fera œuvre utile en conduisant les jeunes qui ne manqueront pas
de la visiter à s’inspirer en toutes circonstances de l’exemple de courage donné par leurs aînés. Même dans les moments les plus tragiques, il est possible de se conduire dignement et de sauver des vies humaines.

En cette fin de siècle, nous devons tous veiller à ce que la mémoire de la Shoah constitue une mise en garde pour
les générations à venir et pour la défense des valeurs démocratiques qui nous sont chères.

L’hommage aux Justes des Nations qui est rendu ici contribue à cette œuvre d’éducation au civisme et au respect
des droits de l’homme.

 

                                                                                                          Jean-Luc DEHAENE
                                                                                                          Premier Ministre

 

 

 

La Nouvelle Gazette, 29.04.1999

Charleroi - La Maison des Justes

La première grande sortie

Durant la Seconde Guerre mondiale, Charleroi fut un haut lieu de la résistance à l’occupant ; plus particulièrement,
de nombreux citoyens ont risqué leur vie pour soustraire des individus ou familles juifs à la déportation.

C’est la raison pour laquelle une Maison des Justes des Nations soutenue par la ville s’est installée rue Isaac ; elle organise ses deux premières grandes manifestations au début du mois de mai.

Ainsi, du 4 au 12 mai, dans le grand hall de la bibliothèque de la Haute Ecole Provinciale – UT à Charleroi se
tiendra une exposition mise sur pied avec la collaboration du Centre d’Information et de Documentation (CID), département Racisme et Antisémitisme. Cette expo composée d’images et de textes explicatifs éclairera le visiteur
sur la notion de Juste des Nations, définie en 1953 par la Knesset, le Parlement israélien, qui fixait par la même occasion le rôle du Mémorial de l’Holocauste – Yad Vashem – à Jérusalem. Au fil de l’expo, on découvrira aussi
des cas particuliers de personnes qui, en Europe occupée et au péril de leur vie, se sont illustrés dans le sauvetage
des Juifs menacés. Ce sont ces personnes qui sont honorées du titre de Juste parmi les Nations.

L’accès à l’exposition est gratuit ; elle sera ouverte du 4 au 12 mai de 8 à 19h ; le 8 mai, de 9 à 12h et le 9 mai,
de 15 à 20h.

D’autre part, le 9 mai de 15 à 18h se tiendra un colloque à l’Auditorium de l’UT, consacré aux Justes des Nations.
La manifestation est placée sous le patronage du vice-Premier ministre Elio Di Rupo, de la province du Hainaut et de la ville de Charleroi et soutenue par la Région wallonne et la Communauté française. M. Mordecaï Paldiel, directeur du département des Justes parmi les Nations à l’Institut Yad Vashem en sera l’invité d’honneur et l’un des orateurs, aux côtés de MM. Jean-Claude Van Cauwenberghe, Ministre régional et communautaire, Maurice Konopnicki, administrateur délégué de la Maison des Justes et du CID, Willy Lahaye, assistant à l’université de Mons-Hainaut et du pasteur Paul Vandenbroeck, membre fondateur de la Maison des Justes.

Préalablement au colloque proprement dit aura lieu une courte cérémonie : la ville de Charleroi recevra la médaille
des Justes parmi les Nations et le diplôme y afférent. Logiquement, cette distinction aurait dû être remise à une personne qui s’est distinguée pendant la guerre ou à l’un de ses héritiers. Comme il n’y en a plus de connus,
c’est à la ville qu’échoit cet honneur. On procédera aussi à la remise des prix de la ville de Charleroi aux 6 lauréats
du concours inter-écoles de dessin sur le thème des Justes parmi les Nations.

 

                                                                                                          Philippe Masquelier

 

La Nouvelle Gazette, 06.05.1999

 

Charleroi – A la mémoire des Justes

Évoquant le formidable mouvement de solidarité à l’égard des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale l’exposition « Les Justes parmi les Nations » a été inaugurée, mardi soir, dans le hall de la bibliothèque de l’UT, en présence de Maurice Konopnicki, professeur au CID (Centre d’Information et de Documentation), Christian Renard, échevin
de la Culture, Jacques Luchs, président de la communauté juive de Charleroi, Guy Baudot,
directeur général de l’UT, Jean-Pol Demacq, échevin de l’Education, Marielle Floriduz, conseillère communale.
On doit cette manifestation à l’initiative de la Maison des Justes, récemment inaugurée à Charleroi. « Les tragiques événements de Yougoslavie dont nous sommes actuellement les témoins remettent en cause les droits sacrés, les droits imprescriptibles de la personne humaine », soulignait Jean-Pierre De Clercq, président de l’UT, lors de l’inauguration. « Ces droits pour lesquels, à une certaine époque de l’occupation allemande, des gens de chez nous, de toutes appartenances, des toutes confessions, n’ont pas hésité à prendre les risques les plus grands pour en assurer la préservation vis-à-vis de ceux qui en étaient les victimes. »

Avant tout pédagogique

Une partie de cette expo, qui a déjà été montrée à Bruxelles dans l’atrium de la Communauté française, se trouvait récemment au Parlement Européen de Strasbourg, à l’occasion d’un hommage que le Parlement Européen rendait
au consul Aristides de Sousa Mendes, qui a sauvé des milliers de vies. A travers des photos et des coupures de presse, Les Justes parmi les Nations se veut avant tout pédagogique. Objectifs : aiguiser la sensibilité des jeunes générations sur des actes de barbarie que l’on pensait ne plus jamais voir se renouveler dans ces pays civilisés et
faire comprendre où peuvent mener des idéologies extrémistes enflammées par le racisme et l’antisémitisme. Les chiffres sont éloquents. Avant le 10 mai 1940, la Belgique comptait 62.536 Juifs non belges et 4.115 Juifs à passeports belges. De ces Juifs, 1.215 furent déportés et 1.110 ne devaient jamais revenir. Des Juifs étrangers, 31.417 furent arrêtés et envoyés dans des camps en Allemagne. Seulement 1.145 allaient en réchapper.
A côté de ces chiffres, il faut rendre hommage aux Justes, qui, par leur action, ont préservé des vies, parfois au
mépris de la leur. (L’expo est accessible jusqu’au 12/5, de 9h à 18h. Entrée gratuite).

                                                      J.C. Herin

 

Photos prises lors du vernissage de l'exposition "Les Justes des Nations", à l'Atrium de la Communauté française de Belgique. On notera la présence de monsieur Nobuki Sugihara, fils du consul japonais Sempo Sugihara, qui a sauvé, pendant la guerre, entre cinq mille et six mille Juifs de Lituanie.

 

     

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